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Entrée au château, par la face nord (carte postale de 1959, collection des auteurs)
Le Château de Clermont Le Cellier
AAAAAAConstruit au XVIIème siècle, le Château de Clermont surplombe la rive nord de La Loire et se situe aujourd'hui dans les limites communales du Cellier. Edifié entre 1643 et 1649 par le chevalier René Chenu, le château - de Style Louis XIII - est entouré d'un parc boisé et offre un des plus beaux panoramas en amont de Nantes. La demeure compta parmi ses maîtres les Nau de Maupassant et - bien évidemment - Louis de Funès. Pour les personnes souhaitant visiter les lieux, l'allée et la façade sud sont libres d'accès au public et des visites guidées des extérieurs du Château et de la Chapelle sont organisées (dans le cadre d'un repas pour les groupes ou à l'occasion d'un séminaire).
Le château de Clermont surplombant la rive nord de la Loire, au début du XXème siècle (collection privée)
LOCALISATION AAAAAALe Cellier, une petite ville d'environ 3 500 habitants se trouve à 27 km à l'est de Nantes et 19 km à l'ouest d'Ancenis, dans le département de la Loire-Atlantique (44 850). Latitude : 47° 19' 31° Nord Longitude : 1° 20' 02° Ouest
Images satellite montrant la distance entre le château (au centre) et la commune du Cellier (à gauche).
Vue à une échelle inférieure montrant le château, son allée et ses jardins.
HISTORIQUE
Facade nord du château dans les années 1920 (collection des auteurs)
AAAAAALe
château fut construit en son temps pour les Chenu de Clermont, famille
de grands administrateurs militaires. René Chenu, le père (1599 - 1672)
fut longtemps gouverneur des places fortes d'Oudon et de Champtoceaux
qui commandaient le cours de la Loire en amont. Hardy Chenu, son fils
(1621 - 1683) fut conducteur et visiteur général des fortifications, villes,
châteaux et places fortes de Bretagne. Ces Chenu étaient des féaux, des
vassaux des princes de Condé, qui possédaient de nombreux biens dans l'Ouest
de la France et ce cas de sujétion, si fort sous l'Ancien Régime, se doublait
d'une vive amitié personnelle. René Chenu était le contemporain et le
fidèle allié d'Henri II de Bourbon, prince de Condé. Les dates de naissance
et de décès d'Hary Chenu coïncident peu ou prou à celles du Grand Condé,
dont il fut le gentilhomme de chambre. Une tradition bien affirmée veut
que l'un de ces Chenu, le père ou le fils, ait dans un combat sauvé la
vie de son seigneur de Condé, qui voulait lui manifester sa reconnaissance.
La facade sud au début du XXème siècle (collection privée)... ... et en 2002 (collection des auteurs). Quelques rosiers de Funès rappellent que le château fut la dernière demeure du comédien.
AAAAAALe château est composé d’un bâtiment central, de deux ailes en briques et tuffeau coiffés de toitures d’ardoises et d’une chapelle du XVIIème siècle, avec ses tourelles et encorbellements. Selon la légende, il comprendrait 365 fenêtres, "une par jour" aimait à dire Louis de Funès. Depuis 1925, le Château de Clermont est classé monument historique.
LOUIS DE FUNES AU CHATEAU DE CLERMONT (1967-1983)
Louis de Funès fort occupé dans son jardin (collection des auteurs)
AAAAAALoin de ses tracas parisiens, le comédien aimait s'isoler dans ce château, un patrimoine appartenant de longue date à la famille de son épouse Jeanne de Funès - née Barthélémy de Maupassant - qu'il racheta en janvier 1967 pour la somme de 830 000 francs. Son fils Patrick reconnaissait en 2005 que l'acteur se devait à cette époque "d'investir dans une demeure cernée par de hauts murs infranchissables. La Grande Vadrouille venait de sortir, et l'isolement, voire la réclusion, étaient devenus nécessaires, afin d'éviter les curieux et les photographes du dimanche prêts à tout pour l'apercevoir."(1)A AAAAAACette acquisition fut parfois perçue par de mauvaises langues comme un caprice de "nouveau riche" de la part de la "vedette montante" d'origine aristocratique. Toutefois, l'acteur se défendait : "Ce n'est pas la prétention mais la tendresse qui m'a poussé à l'acheter. [...] Les millions n'ont rien fait à l'affaire si ce n'est me rendre propriétaire du château de Clermont. J'aurais mis le double si nécessaire. Je ne voulais pas m'offrir un bâtiment historique mais seulement l'endroit où j'avais été fabuleusement heureux. Pendant nos années de vache maigre, nous venions au château pour nos vacances. Autrement dit quatre à cinq fois par ans car les engagements ne pleuvaient pas. Nous étions invités par la comtesse de Maupassant, qui n'était pas seulement la tante de ma femme mais aussi sa seconde mère".(2)A A la suite de son infarctus en mars 1975, la bâtisse devint sa résidence principale, dans laquelle il pouvait désormais se reposer.
Louis de Funès dans son verger. Son château se trouve en arrière-plan (collection Franck et Jérôme)
AAAAAAEn compagnie de sa famille, les activités qu'il excerçait dans cet endroit lui redonnait "le sens et le rythme de la vie", expliquait-il lors d'une interview en 1981. A un journaliste lui demandant s'il se sentait châtelain, Louis de Funès répondait "Je me sens avant tout propriétaire d'un grand jardin dans lequel je peux faire pousser des fruits et des légumes en y apportant tout l'art et toute la science dont je suis capable."(2) A AAAAAAFace aux journalistes, Louis de Funès se fermait immédiatement lorsqu'il était interrogé sur sa famille ou sur sa façon d'exercer son métier. Tendu et contracté, il confiait d'ailleurs à François Chalais en 1964: "c'est un peu comme si un restaurant vous montrait sa cuisine, sa façon de faire un plat, qui n'est pas pêut-être ni jolie ni intéressante à voir. On préfère voir le plat tout présenté, moi je préfère faire mon métier bien présenté sur scène ou à l'écran." A l'inverse, il se sentait à l'aise face aux journalistes lorsqu'il évoquait sa passion pour l'agriculture, le jardinage et la pêche, qui sont selon lui "la seule chose qui vaille la peine qu'on descende dans la rue..."(3). Ainsi, il évoquait facilement ses goûts pour les plantes, les fruits et les légumes dans la plupart des interviews qu'il donnait. Par exemples, en octobre 1973, Louis de Funès était interviewé chez Lassère par Léon Zitrone, venu avec son épouse. Au milieu du repas, le journaliste lui demanda : "Pouvez vous profiter de votre maison au pays nantais ?", il répondit "Le lundi, jour de relâche au théâtre, mais seulement une semaine sur deux. Aller et retour en avion : Nantes est bien desservie. J'ai le parc où je marche, des chiens, mes arbres fruitiers, le jardin potager, et surtout la pêche. Ces temps derniers, c'était pollué, mais maintenant, c'est dépollué plus qu'à moité. Aimez-vous la friture ? Alors, venez me voir. J'ai le coup de mains pour attraper ablettes, goujons et gardons". Madame Zitrone intervint alors : "Voilà qui me fait penser que je dois aller m'occuper de planter mes peupliers dans mon jaridn à moi". "Ce n'est pas la saison, se redressa brusquement Louis de Funès, dont l'instinct de jardinier avait frémi. Il faut d'abord creuser les trous, mais on ne plante des arbres que le 25 novembre, puisque à la Sainte-Catherine tout prend racine".(4)
Louis de Funès aimait cultiver ses roses, au calme, tout en réfléchissant à ses prochains gags...
Quelques rosiers de Funès dans la propriété (mai 2009)
AAAAAASon fils Olivier rappelait également les inconvéniants de cette formidable acquisition : "Les innombrables recoins d'une telle bâtisse lui inspiraient une peur panique du cambriolage. Persuadé de ne pas avoir fermé un volet ou coupé un radiateur, il revisitait toutes les pièces deux ou trois fois. Sa notoriété grandissante le faisait craindre la malveillance des cambrioleurs. Cave, garage, chapelle, chambres inoccupées, secrétaires, armoires... tout était consciencieusement verrouillé le soir et rouvert le matin. Muni d'un trousseau de trente clés minimum, il cadenassait scrupuleusement tous les placards qui, pourtant, ne contenaient rien de précieux. Ma mère devait attendre de longue minutes qu'il trouve la bonne clé, afin de récupérer une simple couverture ou un ustensile de cuisine !"(4)
LE CHATEAU DE CLERMONT EN 2009
Merci à Pascale, de l'Isère (38), pour ses clichés pris au printemps 2009.
L'entrée du château en mai 2009. Le nouveau propriétaire a prévu des transformations.
Louis de Funès travailant dans sa propriété, en compagnie de son jardinier et de ses chiens(extraits du film documentaire "Louis de Funès intime", vidéo collection famille de Funès).
La face sud du château de Clermont en mai 2009
Louis de Funès parmi ses fleurs et ses légumes. Son fils Patrick de Funès constatait : "On parle tout le temps de son goût pour les roses, mais il aimait tout autant les légumes. Il s'inquiétait de la disparition d'anciennes variétés de poire, par exemple. Il utilisait les coccinelles contre les pucerons et il fallait faire gaffe aux vipères, qu'il refusait qu'on chasse !"(extraits du reportage "Louis de Funès, la comédie humaine").
Vue du château de Clermont depuis le bourg du Cellier (mai 2009)
L'entrée de la serre du château (mai 2009)
Louis de Funès interviewé dans sa serre (extraits du reportage "Louis de Funès intime").
La serre en mai 2009
Sources : (1) Patrick et Olivier de Funès, Ne Parlez pas trop de moi les enfants, Paris, Le Cherche Midi, 2005, p.129. (2) Eric Leguèbe, Louis de Funès, Paris, France Loisirs, 1983, p.94. (2) Paul Giannoli, "Les confidences de Jeanne et Louis de Funès" in Jour de France, 24 février - 2 mars 1979, n°1263. (2) Interview pour l'ORTF, 21 septembre 1971. (3) Léon Zitrone, "L'Etincelante rentrée de Louis de Funès", in Jour de France, 6 novembre 1973, n°985, p.57. (4) Patrick et Olivier de Funès, Ne Parlez pas trop de moi les enfants, Paris, Le Cherche Midi, 2005, p.136. - "Spécial Louis de Funès" in Ciné Revue, 27 janvier 1983, hors série n°4. - http://www.gralon.net/tourisme/loisirs-culturels/info-chateau-de-clermont-le-cellier-3777.htm - http://les-chateaux.du-web.fr/chateau-690-44.html - http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Clermont_(Loire-Atlantique)
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