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La Station de métro Villiers à Paris
Il aura suffit d'une rencontre anodine dans une station parisienne pour que la carrière de Louis de Funès débute sur les planches puis au cinéma. C'est Daniel Gélin, qui entamait alors une carrière fort prometteuse, qui proposa un premier rôle à la future grand vedette. A cette époque, Louis de Funès avait renoncé au cinéma et enchaînait les petits boulots. Le soir, il ne brûlait pas les planches mais jouait du piano dans les boîtes de jazz réputées... L'histoire est bien connue des cinéphiles appréciant l'oeuvre funésienne. Toutefois, deux versions de cette rencontre se contredisent. Selon Louis de Funès, la discussion avec Daniel Gélin avait débuté dans le métro. Lorsqu'il descendit sur le quai de la station Villiers et quitta Gélin, ce dernier lui transmit furtivement une vague proposition. "Un hasard prodigieux, confia Louis de Funès à Jacques Baroche. Je descendais d'un wagon de première, alors que j'avais probablement un billet de seconde. La porte allait se refermer lorsque Daniel me cria : "téléphone moi demain, j'ai un petit rôle pour toi !" Daniel Gélin livra une version différente de cette entrevue. "Un matin, seul sur le quai du métro de Villiers, j'aperçois à quelques mètres un garçon un peu plus âgé que moi, petit noiraud, l'air à la fois inquiet et amusé. J'ai déjà vu ce visage quelque part, j'en suis sûr. Je m'approche, on se salue, et je lui demande : "dis donc, toi, tu n'étais pas chez Simon il y a quelques années ?", "Oui, j'y suis resté un moment mais je n'ai pas le temps et puis c'est trop tard pour moi. C'est un boulot qui me paraît trop difficile et puis quelle jungle !!" Selon Gélin, ce fut avant de monter dans le métro qu'il proposa à de Funès - qu'il avait trouvé formidable au cours Simon - un petit rôle. Malgré l'incohérance des deux versions, le résulat est identique : le lendemain, Louis de Funès répétait au sein de la troupe... sa carrière débutait timidement.
La station Villiers à Paris, où Daniel Gélin demanda à Louis de Funès de l'appeler par téléphone.
Gélin montait au sein d'une troupe l'Amant de Paille, une pièce célèbre de Marc-Gilbert Sauvageon, dans laquelle il confia à de Funès un modeste rôle qu'avait antérieurement eu Bernard Blier. "Nous répétions chez Gélin, précisa Louis de Funès, il y avait Danièle Delorme et une pléiade de jeunes comédiens. J'étais le plus vieux. Je pensais que nous ferions salle comble. Il n'y avait pour nous voir que ma femme, ma mère, et les parents des autres comédiens !"
Le métro arrivant dans la station Villiers en 2008...
ET S'EN SUIVIRENT LES MAIGRES CACHETS PENDANT PRES DE VINGT ANS...
Louis de Funès enchaîna alors de 1945 à 1963 les apparitions au théâtre et au cinéma. Lorsqu'il sera véritablement révélé au public en 1963 dans "Pouic Pouic", sa carrière cinématographique comprenait déjà cent films environ ! Eric Leguèbe rappelle que, dans les années 40, "les rôles ne sont pas plus brillants que longs, tant sur scène qu'à l'écran". Habitué à ouvrir et à fermer les portes aux grandes vedettes de l'époque au cinéma, Louis de Funès joue dans l'immédiate après-guerre au théâtre dans "Au Petit Bonheur", puis dans "Un Traway nommé désir" où, en jouant aux cartes, il doit s'écrier chaque soir "ma veste !"... Des débuts modestes incarnant pour Louis de Funès la genèse d'une ascension progressive vers le succès, la popularité et la reconnaissance de ses pairs.
Avec les comédiens Yves Vincent, Daniel Ivernel et le futur réalisateur Maurice Régamey, Louis de Funès joue au théâtre dans "Un Tramway nommé désir". A une époque où il n'avait qu'une seule réplique à dire chaque soir : "ma veste !"...
Second rôle au cinéma dans "Six heures à perdre" d'Alex Joffré et Jean Levitte en 1946
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